Traitement médical des cicatrices hypertrophiques et chéloïdiennes (corticothérapie, compression)

Docteur Jean Claude LECLERC
(mise à jour : 2006)

Ce chapitre ne traite que de la corticothérapie et de la compression. Les autres méthodes médicales, et en particulier d'autres produits injectables, sont jugées parfois efficaces mais ceci est critiquable :

RAPPEL SCHEMATIQUE SUR LES CICATRICES EN RELIEF

Cicatrices hypertrophiques :

Photo de cicatrice hypertrophique
Photo de cicatrice hypertrophique
Photo de cicatrice hypertrophique (détail)
Photo de cicatrice hypertrophique (détail)

Cicatrices chéloïdes :

Contrairement aux cicatrices hypertrophiques :

1. Les bords ne sont pas parallèles.

2. Le début est classiquement plus tardif (2 à 3 mois et parfois un ou deux ans). L’appellation de chéloïdes « spontanées » semble s’expliquer par le début très retardé par rapport à un traumatisme parfois mineur (piqûre d’insecte, petite excoriation minime, acné).

3. Leur tendance à l’aggravation est absolument caractéristique avec augmentation d’épaisseur et progression par le pourtour, avec augmentation de surface par un bourrelet périphérique ou par des extensions de type pseudopodes avec des contours en pince de crabe. Cette tendance à l’augmentation est annoncée par une couleur rouge violacée chez les caucasiens, une dureté croissante, un prurit ou des douleurs intermittentes.

4. Elles ont tendance à la récidive après traitement, parfois de façon désespérante, ceci surtout en présternal ou dans la zone de l’angle de la mâchoire inférieure.

Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde
Photo de cicatrice chéloïde

Pièges :

Cicatrice hypertrophique devenant chéloïde :

Diagnostics différentiels :

CORTICOTHERAPIE

Contre-indications :

Les contre-indications loco-régionales aux corticoïdes sont essentiellement temporaires :

Dermocorticoïdes (crèmes, pommades) :

En Choisir « le Grade » en fonction de la zone à traiter :

 

Utilisation :

 

 

Effets secondaires :

 

Indications :

 

Infiltrations de corticoïdes : sous forme "retard" exclusivement

Ces infiltrations représentent le traitement classique et sont, avec la compression, un des piliers du traitement médical.

Les produits :

 

Les concentrations sont pour ces deux médicaments les mêmes : 40 mg/ml. L’efficacité des ampoules de 40 mg ou de 80 mg est identique : les ampoules de 40 mg contiennent 1 cm3 et l’ampoule de 80 mg 2 cm3.

Photo des corticoïdes KENACORT RETARD® et DEPO-MEDROL®
Photo des corticoïdes KENACORT RETARD® et DEPO-MEDROL®

L'injection peut être faite à la seringue avec une aiguille fine : les seringues avec un embout vissant sont les plus adaptées étant donnée la puissance qu’il faut développer pour injecter dans ces cicatrices dures. L’indication de l’injection à la seringue est représentée par les chéloïdes très petites, ou peu épaisses où le dermojet® ferait des dégâts (produit sortant en partie de la cicatrice).

L’injection doit toujours être très superficielle, tangentielle, avec le biseau de l’aiguille juste enfoui et tourné ver l’extérieur. Ainsi (liquides blancs) cela permet de contrôler exactement ce que l’on fait.

La plupart du temps les injections doivent être faites avec un DERMOJET® (www.dermojet.com) qui est une seringue à air comprimé, sans aiguille. Le jet particulièrement rapide et sous forte pression pénètre la peau : selon le constructeur entre 4 et 6 mm de profondeur.

Le choix existe entre :

 

DERMOJET® standard ancien
DERMOJET® standard ancien
DERMOJET® Standard récent
DERMOJET® Standard récent
 Dermojet "polymédical" à embouts interchangeables
Dermojet "polymédical" à embouts interchangeables

Le standard ancien était très solide grâce à un réservoir en plastique très épais et incassable mais le réservoir et la collerette terminale n'étaient pas autoclavables et exigeaient la très longue et fastidieuse stérilisation type endoscope. Il faut donc l’abandonner au profit des deux autres.

Le standard récent a un réservoir plus fragile, à installer parfaitement dans l’axe et qui casse parfois sous la pression. Mais il est autoclavable et à collerette métallique. Il faut donc avoir en réserve des réservoirs en grande quantité.

Le modèle à embouts interchangeables peut être utilisé pour plusieurs patients en ne changeant que la partie terminale. L’ajustage et la construction sont plus sophistiqués que le modèle standard et les embouts se bouchent souvent dans mon expérience. Le réservoir et les collerettes terminales sont autoclavables
 
COMMENT UTILISER LE DERMOJET®

 


EFFETS SECONDAIRES :

 


INDICATIONS DES INFILTRATIONS DE CORTICOIDES RETARD


1. « Coup de pouce » pour HYPERTROPHIQUES longues à disparaître ou en zone visible (décolleté, visage).
2. Chéloïdes : infiltrations seules ou après chirurgie de réduction.

COMPRESSION

La compression est un des piliers du traitement médical. Une pression de 30 mm de mercure semble suffire. La pertinence de ce moyen thérapeutique est démontrée par l’absence ou la disparition des chéloïdes sous une bretelle de soutien gorge ou sous l’élastique du slip ou du collant, alors que persistent les bourrelets chéloïdiens à côté.

Vêtements compressifs médicaux :

Commandés "sur mesure", et "par deux" (pour avoir un change lors du lavage).

Le remboursement varie selon les cas : prise en charge en cas de séquelles de brûlure. En cas de chéloïde post-traumatique ou « spontanée » si la sécurité sociale refuse la prise en charge, il faut faire une « demande de prestation extra légale » (voir modèle) auprès du médecin conseil de CPAM.

Plusieurs firmes proposent ces vêtements compressifs sur mesure (l'essayage est réalisé par les professionnels responsables de ces firmes).

Vêtements compressifs non médicaux : Dans les magasins de sport :

 

Cas particulier : les clips d'oreille. Pour les percements d’oreille (qu’il faudrait abandonner à mon avis) le port de « clips » (boucles d’oreilles qui pincent).  A utiliser en renfort des infiltrations, quand le volume de la chéloïde est devenu petit ou en prévention de récidives.

CONCLUSIONS

1. Il est impératif d’avoir en très grande quantité : enthousiasme, persévérance de la part du soignant et du soigné (pendant plusieurs années parfois), humilité, matériel d’injection car la maintenance est chère et la durée de réparation souvent longue.

2. Il faut souvent panacher les traitements (infiltrations, chirurgie, compression, douches filiformes).